Démarche
Peindre l’impossible. Révéler l’invisible.
Ce que je cherche
Je construis des espaces qui ne devraient pas pouvoir exister.
Mon travail part de la perspective et de notre besoin instinctif de comprendre l’espace. Je m’appuie sur ces repères familiers pour créer des volumes qui semblent cohérents au premier regard, puis qui commencent à résister dès que l’on cherche à les comprendre.
La toile devient alors une frontière. Ce qui se trouve au-delà n’obéit plus nécessairement aux règles de notre réalité. Les formes peuvent s’y croiser, se déformer, disparaître ou ouvrir vers d’autres espaces.
Ce qui m’intéresse est précisément ce moment d’hésitation : celui où le regard croit comprendre ce qu’il voit, puis découvre que quelque chose lui échappe.
Le seuil
Dans la série CONSTRUCTION, la surface claire appartient à notre réalité. Elle représente le monde connu, celui dans lequel les règles physiques, logiques et humaines s’appliquent encore.
Les bandes colorées ne sont pas un cadre décoratif. Elles matérialisent une brèche : la frontière entre notre monde et un espace interdit où ces règles cessent de fonctionner.
Les formes qui apparaissent de l’autre côté peuvent alors se croiser sans se rencontrer, se prolonger sans se rejoindre ou exister selon des géométries impossibles.
La perspective sert ici de piège : elle donne au regard toutes les raisons de croire à l’espace qu’il voit, puis lui retire une à une les preuves qu’il croyait tenir.
Explorer l’impossible
La perspective
La perspective construit d’abord la crédibilité de l’espace. Elle donne au regard des repères familiers, puis les fait progressivement basculer. Je l’utilise moins pour représenter un volume que pour rendre crédible quelque chose qui ne devrait pas pouvoir exister.
Le vide
Le vide n’est pas une absence. Il peut attirer, absorber, séparer ou conduire ailleurs. Derrière certaines formes, il devient un espace actif, parfois sans fond, parfois traversable, parfois impossible à situer.
Le franchissement
Au début, les formes restaient derrière le seuil. Progressivement, j’ai commencé à imaginer qu’elles puissent le traverser, entrer dans notre réalité ou nous inviter à passer de l’autre côté. Cette question du franchissement devient aujourd’hui un axe important de ma recherche.
Une recherche qui évolue
Mon langage ne s’est pas construit à partir d’une théorie définie à l’avance. Il est apparu progressivement, à travers les recherches, les réussites, les erreurs et certaines œuvres qui ont modifié la direction des suivantes.
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Tri Hypercube
La première toile contre laquelle je me suis réellement heurté. Reprise et transformée de nombreuses fois jusqu’à m’y perdre, elle est devenue une défaite productive : les recherches menées pendant sa réalisation ont directement ouvert la voie à Mini Cube.
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Mini Cube
Le basculement. C’est avec cette toile que j’ai commencé à reconnaître le langage visuel que je voulais poursuivre : la profondeur noire, les bandes colorées et les volumes impossibles.
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La Chute
Une œuvre de recherche qui m’a permis d’expérimenter librement la brèche et le rôle des bandes colorées. Elle marque une étape importante dans la fixation de ce langage.
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Invasion cubique
Pour la première fois, les formes ne restent plus derrière le seuil : elles commencent à le franchir. L’espace interdit n’est plus seulement observé, il commence à entrer dans notre réalité.
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Photo
à venirLe chemin
La logique s’inverse encore : il ne s’agit plus seulement de regarder ce qui existe de l’autre côté, mais d’imaginer que nous pourrions nous-mêmes traverser les différents plans.
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Grille de lecture
Après plusieurs œuvres complexes dans leurs dégradés et leurs associations de couleurs, cette toile marque un retour à quelque chose de plus brut : couleurs primaires et aplats francs. Cette simplification ouvre aujourd’hui une nouvelle direction.
Trois séries
Construction
Les œuvres géométriques : volumes impossibles, jeux de perspective, espaces qui semblent s’ouvrir au-delà de la toile. La série principale du travail actuel.
Impulsion
Les œuvres plus instinctives et gestuelles, où la peinture est moins construite et davantage liée au mouvement, à l’énergie et à l’émotion immédiate.
Reflexion
Les œuvres dans lesquelles une idée, un message ou une lecture symbolique prend le premier plan. La forme devient alors le support d’une réflexion plus narrative ou conceptuelle.
Référence catalogue : SER-MM-AA-XXX — série, mois, année et numéro chronologique global de l’œuvre.
La méthode
Le tracé complet, avant la moindre couleur
La construction est dessinée au crayon avant la première touche de peinture. Les volumes doivent fonctionner dès le tracé : la couleur ne vient pas corriger la géométrie, mais lui apporter sa matière, son énergie et sa profondeur.
La peinture se construit ensuite par couches successives. Selon l’œuvre, certaines zones sont traitées en aplats, d’autres en dégradés ou dans une matière plus épaisse. Les traces du geste restent volontairement visibles : même lorsque la construction est précise, je ne cherche pas une surface industrielle ou parfaitement lisse.
Chaque toile est réalisée à la main, à l’acrylique. La méthode évolue d’une œuvre à l’autre, car chaque peinture reste aussi un terrain de recherche.
Le format n’est pas neutre. Il est choisi dès l’origine en fonction de la force que l’idée m’inspire. Certaines recherches appellent un support modeste, d’autres exigent immédiatement davantage d’espace, de présence et de matière.
Le parcours
TOZUS est un plasticien basé près de Montpellier. Son travail explore la perspective, le vide et les structures impossibles comme autant de moyens de questionner notre perception de l’espace.
Sa pratique avance par expérimentations successives. Chaque toile est pensée comme une œuvre autonome, mais aussi comme une étape d’une recherche plus large sur la frontière entre notre réalité et des espaces dont les règles restent à découvrir.